// Accueil / Les billets Injeno / Vie sociale & Vie de couple / "Ceux que l’on met au monde"
"Ceux que l’on met au monde"
Ecrit par Sébastien HUYGHE le 18 mai 2007

J'ai déjà entendu dire de moi que j'étais un peu trop discrète sur le blog et au sein de l'association INJENO. Aujourd'hui, je désirais me confier un peu...

Un jour, j'avais demandé à mes parents quelques disques de Lynda Lemay - chanteuse qu'ils aiment beaucoup et que je voulais découvrir. C'est sur la route du retour du travail que j'ai entendue pour la première fois la chanson "Ceux que l'on met au monde". Noé était encore petit et je crois me souvenir que nous ne connaissions sa maladie que depuis quelques mois !


Une tendre complicité entre une mère et son fils

Je voulais juste partager les paroles de cette chanson avec vous et les faire découvrir à tous ceux qui ne les connaissent pas. Elles "circulent" sur beaucoup de forums et de blogs mais je tenais à les retranscrire sur le blog de l'association INJENO...

Ceux que l'on met au monde

Ceux que l'on met au monde ne nous appartiennent pas
C'est ce que l'on nous montre et c'est ce que l'on croit
Ils ont une vie à vivre, on n'peut pas dessiner
Les chemins qu'ils vont suivre, ils devront décider
C'est une belle histoire que cette indépendance
Une fois passés les boires et la petite enfance
Qu'il ne faille rien nouer qu'on ne puisse pas défaire
Que des noeuds pas serrés, des boucles si l'on préfère
Ceux que l'on met au monde ne nous appartiennent pas
Ils sont ceux qu'ils veulent être qu'on en soit fier ou pas
C'est ce que l'on nous dit, c'est ce qui est écrit
La bonne philosophie, la grande psychologie
Et voilà que tu nais et que t'es pas normal
T'es dodu, t'es parfait, le problème est mental
Et voilà que c'est pas vrai que tu vas faire ton chemin
Car t'arrêteras jamais de n'être qu'un gamin
Tu fais tes premiers pas
On se laisse émouvoir
Mais les pas que tu feras
Ne te mèneront nulle part
Qui es tu si t'es pas
Un adulte en devenir
Si c'est ma jupe à moi
Pour toujours qui t'attire
C'est pas ce qu'on m'avait dit
J'étais pas préparée
T'es à moi pour la vie
Le bon Dieu s'est trompé
Il y a le diable qui rit dans sa barbe de feu
Et puis qui me punit d'avoir prié un peu
Pour que tu m'appartiennes à la vie à la mort
Il t'a changé en teigne, il t'a jeté un sort
T'es mon enfant d'amour, t'es mon enfant spécial
Un enfant pour toujours, un cadeau des étoiles
Un enfant à jamais, un enfant anormal
C'est ce que j'espérais alors pourquoi j'ai mal
J'aurais pas réussi me détacher de toi
Le destin est gentil, tu ne t'en iras pas
T'auras pas 18 ans de la même façon
Que ceux que le temps rend plus homme que garçon
T'auras besoin de moi mon éternel enfant
Tu ne t'en iras pas vivre en appartement
Ta jeunesse me suivra jusque dans ma vieillesse
Le docteur a dit çà, c'était comme une promesse
Moi qui avait tellement peur de te voir m'échapper
Voilà que ton p'tit coeur me jure fidélité
Tout me vie durant je conserverai mes droits
Mes tâches de maman et tu m'appartiendras
Ceux que l'on met au monde ne nous appartiennent pas
C'est ce que l'on nous montre et c'est ce que l'on croit
C'est une belle histoire que cette histoire là
Mais voilà que surprise, mon enfant m'appartient
Tu te fous de ce que disent les auteurs des bouquins
T'arrives et tu m'adores
Et tu me fais confiance
De tout ton petit corps
De toute ta différence
Je serai pas là de passage comme les autres parents
Qui font dans un mariage le deuil de leur enfant
J'aurai le privilège de te border chaque soir
Et certains jours de neige de t'mettre ton foulard
A l'âge où les autres n'ont que cette visite rare
Qui vient et qui repart un soir de réveillon
Tu seras le bâton d'ma vieillesse précoce
En même temps que le boulet qui traînera mes forces
Tu ne connais que moi
Et ton ami Pierrot
Que j'te décris tout bas
Quand tu vas faire dodo
Et tu prends pour acquis que je serai toujours là
Pour t'apprendre cette vie que tu n'apprendras pas
Car ta vie s'est figée mais la mienne passera
J'me surprends à souhaiter que tu trépasses avant moi
On ne peut pas t'admirer autant que je t'admire
Moi qui ai la fierté de te voir m'appartenir
J'voudrais pas qu'on t'insulte ou qu'on s'adresse à toi
Comme à un pauvre adulte parce qu'on te connaitrait pas
Si le diable s'arrange pour que tu me survives
Que Dieu me change en ange que je puisse te suivre
Ceux que l'on met au monde ne nous appartiennent pas
A moins de mettre au monde un enfant comme toi
C'est une belle histoire que celle qui est la nôtre
Pourtant je donnerai ma vie pour que tu sois comme les autres

Paroles et musique: Lynda Lemay - 1999 "Lynda Lemay live"

N'y voyez pas là une forme de pessimisme ou de "déprime" de ma part, mais cette chanson m'a - dès la première écoute - profondément touchée...

Elle décrit presque parfaitement mes plus profonds sentiments - si paradoxaux soient ils ! - et mes plus profondes angoisses : le travail de deuil de l'enfant "parfait" tant attendu, l'énergie dont nous faisons preuve chaque jour pour l'élever et l'aider du mieux que nous pouvons, la satisfaction de le voir progresser et les difficultés auxquelles nous sommes confrontées au quotidien...

D'autres mamans (ou peut-être papas) ressentent peut-être aussi ce genre de sentiments ?!?!...

Cela me fait parfois du bien d'entendre, de lire ou encore de partager ces sentiments intimes, si particuliers et culpabilisants à la fois !

Voilà ce que je voulais partager avec vous.

A très bientôt.

Caroline
Maman du petit Noë

Commentaires

5 commentaires

  1. Caroline,

    Tr

  2. Une putain de chanson !…

    Des paroles tout en tendresse et en craut

  3. Bravo Caroline ! tu es pass

  4. Bonjour Caroline,
    Je suis tr

  5. Magnifique chanson. Un beau r

Laissez un commentaire

22/05/2007
Cez a écrit :

Magnifique chanson. Un beau r

Tous les commentaires
Ecrire un commenter