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Voir un jour marcher nos enfants : le challenge HEI-INJENO
Ecrit par Luc MASSON le 11 mai 2010

Tout commence par une discussion avec une amie, Carole WATTIER directrice du centre X2000 à Dunkerque. Elle me demande ce qu'elle pourrait faire pour aider notre association, nos enfants. je lui réponds, comme je le fais souvent aux personnes qui me posent la même question que ce n'est pas qu'une question de soutien financier, qu'il suffit parfois de nous ouvrir son carnet d'adresses, de nous inclure dans son réseau de relations pour faire avancer nos projets.

Peu de temps après elle me parle de son fils, Jean-Emmanuel, qui vient d'entrer à HEI Lille (Hautes Etudes d'Ingénieur - Formation de l'Université Catholique). Elle me propose alors de le rencontrer. Quelques jours plus tard, le fils et la mère nous rendent visite et nous engageons une conversation. Après quelques minutes nous découvrons que HEI pourrait soutenir l'un des projets d'INJENO qui s'intègre lui-même dans le projet de pôle d'excellence : créer un exosquelette pour faire marcher des enfants et adolescents polyhandicapés et neuro-lésés.

Cette idée séduit Jean-Emmanuel, mais va t-elle emporter le choix des responsables de la filière médicale de l'école d'ingénieur, la question reste posée.

Après quelques semaines d'attente, je reçois un message officiel de Monsieur PEYRODIE, Responsable du domaine ingénierie médicale et santé. Il me propose de nous rencontrer au sein d'HEI, nous sommes en septembre 2009.


Nos volontaires : Marie Davergne, Aurélie Lésel, Florence Meyer et Léopold Thomasson

Je me rends à Lille, nous nous mettons d'accord sur les modalités d'une implication de l'école et d'étudiants sur un projet associatif très prospectif, très futuriste mais Ô combien motivant : faire marcher des enfants qui n'ont jamais marché.


Un exemple d'exosquelette japonais

Il faut noter que d'un autre côté, j'étais également épaulé et conseillé par Monsieur PIETRINI, chargé de mission TIC à la Région NPDC. Par son intermédiaire, je rencontre Mme DEGANS, Responsable développement du pôle de compétitivité franco-wallon UPTEX. Ce groupement d'entreprises développe des tissus intelligents pour diverses applications dont le milieu médical. Mme DEGANS est une dunkerquoise qui ne connaissait pas INJENO mais qui a été très attentive à nos projets et à notre combat. Elle décide d'impliquer également son entreprise dans ce projet.


Un autre exemple d'exosquelette développé par SONY

Quatre étudiants ont choisi ce projet comme thème annuel d'étude pour valider leur 4ème et 5ème année d'ingénieur. Lorsque nous les rencontrons à Hondschoote chez nous, ils nous précisent qu'ils ont dû livrer un combat pour être désignés, car beaucoup d'étudiants voulaient travailler sur ce sujet, nous sommes touchés en apprenant cela.

Très rapidement nous convenons d'un mode de fonctionnement, car peu disponibles nous ne pouvons nous rendre régulièrement à Lille, nos échanges se feront donc pas e-mail.

Le travail d'Aurélie LESEL, étudiante en 5ème année, sera de faire un état de l'art de ce qui existe déjà sur le sujet et de mettre en évidence les contraintes liées aux pathologies de nos enfants et à la complexité de ce matériel. L'objectif est ainsi fixé, sur quelles technologies pouvons nous nous appuyer et sont elles utilisables en l'état.


Un appareil pour faire marcher des personnes qui ont perdu la faculté de la marche


La version adulte

Aurélie a ainsi rencontré des médecins spécialistes, épileptologues, neuropédiatres, etc..., des responsables de centres de recherche en robotique et en mécanique. Elle se documente, consulte la littérature technique internationale et contacte quelques fabricants, au Japon, aux USA et en Israël.

Après 6 mois de recherches et de rédaction, elle construit un rapport d'opportunité de 90 pages qu'elle a soutenu devant un jury le 3 mai dernier.


Aurélie LESEL, très à l'aise sur son sujet car très impliquée

Elle me remet à l'issue de sa soutenance un dossier et un DVD qui sont à votre disposition. La conclusion de sa recherche nous conduit à croire que ce projet peut aboutir. Il est possible de s'appuyer sur les technologies déjà existantes, même si certaines font l'objet de nombreux brevets. L'exosquelette est en effet développé par nos voisins russes pour le retour des cosmonautes de l'espace, par l'armée française (projet Felin) pour équiper nos fantassins qui doivent porter des charges utiles de plus de 30 kilogrammes, par les américains et les japonnais qui les utilisent pour soulager les ouvriers des usines qui sont amenés à porter eux aussi des charges importantes, et enfin par divers pays dont la Suisse qui oeuvrent au profit des personnes cérébrolésées pour les aider à retrouver la marche.

Ce projet me tient à coeur. Dans mes rêves il m'arrive d'entendre parler Inès et de la voir marcher, dois je parler de rêve ou de cauchemar, je ne sais pas. Toujours est-il que mon rêve un peu fou, un peu flou, peut un jour devenir réalité, les personnes que j'ai rencontrées le prétendent, les professionnels de l'industrie qui nous secondent le soutiennent, il tient à nous de le défendre.


Un jury séduit par la maîtrise du sujet dont à fait preuve Mlle LESEL

Sans trahir le secret de la notation, l'évaluation fut bonne et la note excellente. Mlle LESEL a su utiliser et mobiliser ses qualités humaines de communicante, et a su convaincre les responsables d'HEI de poursuivre le projet avec d'autres étudiants en 2011.

Luc Masson
Papa d'Inès et Nina
Président fondateur d'INJENO
Spécialiste des projets fou fou fou !

HEI Lille
13 Rue de Toul
59800 Lille
03 28 38 48 58
www.hei.fr

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